Alsazic, musiques en Alsace

Sujet de septembre 2006 – Groupe Nord

(Simplifié pour pouvoir être fait en une heure)

Le premier trimestre s’écoula dans le calme. Je m’habituais à cette nouvelle vie en dehors du cadre familial. Je me débrouillais à présent en espagnol, celui qui s’apprend dans les livres et celui des cours de récréation. Je m’étais fait de nouveaux amis, y compris parmi les Sud-américains dont j’avais acquis la considération à la suite du match de football qui avait opposé l’équipe du collège à celle des Jésuites de Santiago. Il s’agissait d’une rencontre de prestige qui se déroulait chaque année en avril et, cette année-là, sur le terrain de nos adversaires, où nous n’avions jamais gagné, dans la banlieue résidentielle de Santiago, près du Polo. Je comprends aujourd’hui, à la manière un rien condescendante* dont nous avions été reçus dès la descente du car, que ce match dépassait le cadre sportif pour opposer deux systèmes d’éducation. L’un, celui des jésuites, reposait sur la discipline. Les élèves portaient l’uniforme, les cheveux courts, coupés en brosse, et encourageaient les leurs en scandant des slogans connus d’eux seuls, probablement à la gloire de leur institution. Il était primordial pour leurs éducateurs que la victoire ne revienne pas à notre groupe disparate, qui descendit du car en sifflotant, encadré de professeurs débonnaires. Je marquai le but victorieux, à la dernière minute, un peu au hasard.

Le retour en autocar se fit dans l’allégresse, et l’arrivée à San Marco, avec la coupe qui passait de main en main, fut un véritable triomphe. Je gagnai ce jour-là mes titres de noblesse, et j’aurais pu devenir l’un des meneurs de la division si j’en avais eu le caractère.

Bertrand GODBILLE, Los Montes, Anne Carrière, 2005.

*Condescendant : complaisant mais hautain, supérieur, méprisant

  1. Quelle distinction établissez-vous entre le « je » de la deuxième phrase (Je m’habituais…) et celui de la sixième (Je comprends…) ?
  2. A quel moment correspond l’adverbe « aujourd’hui » (sixième phrase) ?
  3. A quel moment correspond l’expression « ce jour-là » (deuxième paragraphe)
  4. Quel obstacle le personnage a-t-il dû surmonter pour s’intégrer dans son nouveau collège ?
  5. « j’avais acquis » (troisième phrase) : Indiquez le mode et le temps de cette forme verbale.
  6. « j’avais acquis » (troisième phrase) : Justifiez l’emploi de ce temps.
  7. A qui le pronom « nous » renvoie-t-il précisément dans le texte ?
  8. « Il s’agissait d’une rencontre de prestige qui se déroulait chaque année en avril » : Quelle est la classe grammaticale de chacune des expansions qui caractérisent le nom « rencontre » dans ce groupe ainsi délimité ?
  9. De quels collèges viennent les deux équipes en présence ?
  10. Recopiez et complétez le tableau suivant avec des expressions du texte afin de mettre en évidence l’opposition entre les deux collèges.
    « l’équipe du collège »
    « les élèves portaient l’uniforme »
    « en sifflotant »
    « leurs éducateurs »
  1. « Il était primordial pour leurs éducateurs que la victoire ne revienne pas à notre groupe disparate » : Quel est le sens du mot « primordial » ?
  2. Quel est donc le véritable enjeu de ce match si important ?
  3. « Je me débrouillais à présent en espagnol, celui qui s’apprend dans les livres et celui des cours de récréation » : Expliquez la distinction établie ici.
  4. Relevez les termes qui désignent ce que retire le personnage de sa victoire.
  5. « j’aurais pu devenir l’un des meneurs de la division si j’en avais eu le caractère. » : Quelle est la valeur du conditionnel dans cette phrase ?
  6. Montrez que le narrateur se moque gentiment de lui-même.

Réécriture : « Le retour en autocar se fit dans l’allégresse, et l’arrivée à San Marco, avec la coupe qui passait de main en main, fut un véritable triomphe. Je gagnai ce jour-là mes titres de noblesse. » Réécrivez ce passage au conditionnel présent.